La vie souterraine - Stephen Marshall

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La vie souterraine

Lors que je suis parti à Paris, pour un voyage d’affaires j’ai été guidé dans la capitale française par un adepte des bars cachés. Derrière un rideau noir, au fond d’une salle, de mystérieuses alcôves attendent d’être occupées par des clients triés sur le volet, comme me l’a précisé mon ami. François m’a montré ces merveilles, et j’ai découvert une autre vie, souterraine. J’avais déjà pu visiter cette ville exceptionnelle lors d’un précédent voyage professionnel. Par contre, les lieux que j’avais vus à ce moment étaient bien plus formels que ceux où j’ai pu entrer. Dans un sous-sol, j’ai pris des cocktails dans un décor surprenant. Tout fait référence au train et l’impression d’être dans un wagon est saisissante. Dans un autre style, le bar mexicain situé derrière une pizzéria est époustouflant de couleurs. Je ne me suis pas ennuyé, et j’ai même invité mon guide à venir me voir, dès qu’il le souhaiterait. 

Dès que je suis revenu, j’ai revu mon emploi du temps, puis j’ai trié et rangé tous les placards de mon condo. J’ai eu la bonne surprise d’être contacté par mon guide parisien, car il venait dans une ville proche de là où j’habite. J’étais très heureux de pouvoir, à mon tour, lui montrer les meilleures adresses pour sortir dans des endroits qu’il ne connaissait pas. Avant de le revoir, je devais m’assurer que tous les lieux auraient un côté insolite ou original. J’ai donc demandé à des amis de me donner leurs bons plans de sorties, et j’ai eu un large choix, bien plus qu’il ne m’en fallait. Je devais effectuer un tri parmi toutes les informations dont je disposais.

Mon frère, après être allé voir notre mère à la résidence Louis Hémon, là où elle habite, a bien voulu m’accompagner pour tester avec moi quelques-uns de ces restaurants ou de ces bars. Certains m’étaient inconnus, j’en connaissais d’autres de réputation. J’avais déjà une bonne connaissance des sorties possibles dans la ville aux cent clochers, comme Mark Twain la désignait. Au bout de quinze jours, je pouvais proposer au visiteur venu de Paris de bonnes adresses. Comme nous en avions convenu, il venait me voir un vendredi du mois de juin. Il n’avait pas de date exacte pour repartir. Je lui ai proposé de l’héberger. Il s’est donc installé pendant une semaine et je l’ai accompagné dans sa découverte. Après sept jours avec lui, il me fut difficile de le voir partir, mais nous nous sommes promis de nous revoir bientôt.