Le message de Gisèle - Stephen Marshall

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Le message de Gisèle

Le message de Gisèle - Stephen Marshall

Pris par le temps, je n’avais pas vu que mon téléphone avait sonné plusieurs fois. Un message de ma tante Gisèle m’annonçait la naissance de mon dernier cousin, Lucas. Une information que je connaissais déjà, car j’avais eu son fils au téléphone, et il m’avait dit que sa femme avait accouché d’un petit garçon. J’envoyais à ma tante un message pour la remercier de m’avoir prévenu. Je marchais en même temps que je tapais le message. En passant devant un magasin de vêtements, je vis une chemise rayée de bleu et à fond gris, qui m’iraient sûrement très bien. J’entrais donc pour essayer la chemise. Dans la cabine d’essayage, je me regardais dans un miroir prévu à cet effet. Les années étaient passées si vite, sans même que je voie qu’elles m’avaient marqué. J’avais vu qu’une tache brune sur la peau s’agrandissait lentement, et je voulais trouver un remède pour m’en débarrasser.

En sortant du magasin, j’ai profité de ce moment de tranquillité pour aller dans un café et regarder les résultats sportifs dans un journal, tout en buvant une bière. C’était un petit plaisir que je m’accordais chaque soir, en sortant de mon travail. Ce rituel me permettait de faire la transition entre les deux mondes, celui de mon quotidien à mon bureau et celui de ma vie dans mon appartement. Célibataire, je n’avais pas trouvé l’âme sœur, mais je ne le regrettais pas. Dans le café, j’ai remarqué un jeune homme qui était attablé seul et qui semblait plongé dans ses pensées. Il tournait sa cuillère dans la tasse vide, machinalement. Je me souvenais de ma jeunesse, en le regardant. J’étais plein de fougue, tout comme maintenant, mais j’avais moins de rides.

Ce jeune homme sortit brutalement de ses réflexions, et il se dirigea vers le comptoir du bar pour régler son addition. Il passa près de moi, sans me voir. Je l’avais déjà vu quelque part, mais je ne me souvenais plus d’où je l’avais rencontré. Dans un éclair, la mémoire me revint. Il était le fils de Mélanie, une amie que je n’avais pas vue depuis trois mois. Elle était partie pour un grand voyage en Amérique du Sud, et elle avait laissé son appartement à son fils, pendant son absence. Je me suis levé pour suivre le jeune homme et me présenter à lui. J’avais déjà payé mon verre, et je sortis dans la rue rapidement, mais il était déjà trop tard, il avait disparu.