Ma fille, ma précieuse - Stephen Marshall

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Ma fille, ma précieuse

Ma fille, ma précieuse - Stephen Marshall

Ma fille, à part ma femme, est l’amour de ma vie, la prunelle de mes yeux, « ma précieuse ». À quelques pas de l’autel de l’église où je vais me séparer d’elle, pour qu’elle fasse sa vie et qu’elle construise à son tour son petit foyer, je la regarde dans sa belle robe blanche. Elle est toute radieuse, tout sourire, car elle va vivre le moment tant attendu par toutes les jeunes filles. Et dire qu’il y a 21 ans à peine, je la tenais encore dans mes bras avec ses petites joues toutes roses, et sa frimousse tellement adorable, que j’aurais voulu qu’elle reste près de mon cœur éternellement. Mais aujourd’hui, le moment que j’ai toujours redouté est arrivé. Elle va se marier. Mon unique enfant. Mais au lieu de me lamenter, j’ai tout fait pour que cette journée lui soit féerique, tout en espérant qu’elle me considérera toujours comme son grand amour. Certes, pas comme son mari, mais comme le père aimant que j’aie toujours été. En effet, malgré qu’on soit père et fille, nous avons toujours eu une complicité unique. Et ce, parce qu’elle me partage ses petits secrets, même ceux qu’elle ne raconte pas à sa mère. Comme ce jour où elle a voulu se refaire le menton par médecine esthétique. Elle m’a demandé mon avis, et je l’ai accompagné à la faire, en évitant d’en parler à sa mère. Et ce jour-là, sa mère n’a remarqué le truc qu’après avoir vu le bandage sur son menton. Bref, pour être complice, on l’était vraiment. Et là, elle va se marier. Je me souviens également que jusqu’à ces 15 ans, elle se blottissait toujours à mes côtés avant de partir à l’école. Elle voulait un câlin de son père. C’est dire combien elle était innocente, et combien j’étais aussi précieux pour elle. Et aujourd’hui, elle va se blottir à côté de moi pour la dernière fois, et me faire un câlin, mais cette fois-ci, en la conduisant vers l’autel et en donnant sa main à son futur mari. Bref, j’en ai le cœur lourd et presque les larmes aux yeux, mais son bonheur est, ce qui compte le plus pour moi. Enfin, après cette petite pensée et ces quelques souvenirs, l’heure est venue. Elle s’approche de moi et me dit en passant, « allons-y mon petit papa chéri. Ne t’inquiète pas, je serai toujours ta petite précieuse. » Sur ce, je l’ai regardé, je lui ai fait un petit bisou au front, je lui ai pris la main et nous voilà sur le tapis de l’église. Je suis tout simplement fier de conduire ma fille jusqu’à l’autel, car ma précieuse va enfin faire sa vie.