Mes couleurs préférées - Stephen Marshall

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Mes couleurs préférées

Mes couleurs préférées - Stephen Marshall

J’avais observé une certaine tendance, pour mon épouse, à porter des robes fleuries, cette année. Je ne suis pas très observateur, mais j’apprécie les beaux vêtements. Les bustiers fleuris, les robes longues en liberty, les jupes parsemées de fleurettes multicolores étaient légion dans la penderie de ma conjointe. Ce festival de couleurs n’était pas pour me déplaire, mais j’avais l’impression, je l’avoue, de vivre avec une bergère. Il ne lui manquait plus que la crosse et les moutons. Je ne lui fis pas remarquer, en reconnaissant que ce n’était pas très sympathique de ma part de me moquer, même doucement, de sa façon de s’habiller. De mon côté, je reconnais que j’apprécie de porter des tee-shirts blancs ou rouges, rarement d’une autre teinte. Pour mes pantalons, je ne mets que du bleu, du gris ou de noir. Mes chemises et mes cravates sont parfois plus colorées, mais uniquement celles que ma conjointe m’a offertes.

J’avais installé un abri soleil mural, et j’étais très satisfait de la sensation de tranquillité qu’il me procurait. De plus, ils m’isolaient du vent, qui soufflait un peu fortement, un soir de juin. Mon épouse avait mis une de ses robes à fleurettes. Nous recevions des voisins, des amis véritables qui nous ont toujours épaulés dans les moments les plus critiques de notre existence. Paul et Valérie sont d’adorables personnes, et j’avais tout fait pour que la soirée soit pleinement réussie. Une musique douce, du jazz, passait, le vent était atténué par notre nouvelle installation et nous en profitions pour discuter de sujets qui étaient très importants pour nous.

Une nuée de moustiques nous força à rentrer. Le vent s’était calmé et les insectes piqueurs étaient apparus aussitôt. Je ne connaissais pas encore les quelques astuces que j’ai apprises par Paul et Valérie, ce même soir. Je les ai notées dans un carnet, et je les ai essayées le lendemain, en constatant qu’elles fonctionnaient bien. La maison était plongée dans le noir et j’appuyais sur un interrupteur. Toutes les lumières s’allumèrent et j’entendis un vrombissement. Un frelon s’était invité chez nous et je n’appréciais pas sa présence. Je sais à quel point ils peuvent être dangereux. Cependant, je souhaitais le faire partir. Il tourna un long moment, puis il se posa sur la robe de ma conjointe qui sortit doucement à l’extérieur. Le frelon s’envola aussitôt qu’il sentit l’air frais du soir. De ce soir, mon épouse ne porta plus de vêtements avec des fleurs.