Parfois, il faut partir... - Stephen Marshall

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Parfois, il faut partir...

Je n’aurais jamais cru qu’Albert serait venu de si loin pour me rencontrer. Il avait rencontré ma sœur, et il avait dû s’installer dans une autre région avant que je puisse le voir. Il avait eu une opportunité pour intégrer un grand groupe, et il avait dû se décider rapidement, sous peine de ne pas pouvoir être sélectionné. Bien sûr, sa nouvelle compagne devait l’accompagner. Suivre Albert n’était pas si simple, car elle avait une vie qui lui convenait. Elle m’avait demandé quelques conseils et j’avais été touché par cette demande. Je lui ai parlé des moments dans la vie où on ne doit pas reculer. Je sais qu’elle a une grande capacité d’adaptation et je le lui ai rappelé. De plus, avec l’emploi qu’elle a, elle peut exercer sa profession de son domicile, peu importait le lieu où elle vivait. C’était une force, un atout. 

Comme j’avais un entretien avec un planificateur financier St-Lambert, j’ai dû partir de ce dîner familial. J’ai assuré Mathilde que la décision qu’elle prendrait serait la bonne. Elle avait les yeux perdus dans le vague, et ses pensées étaient toutes accaparées par le problème qu’elle devait résoudre. Personnellement, je ne voyais aucun problème. Elle aimait cet homme et elle devait le suivre, puisqu’il n’y avait pas d’autre solution. Quelques jours plus tard, j’ai reçu un message de Mathilde pour m’annoncer son départ imminent. Je ne pouvais pas être présent pour son déménagement, une amie de ma conjointe nous avait invités dans sa demeure, et nous étions déjà sur la route. J’ai répondu que je ne pouvais pas venir, mais que j’étais de tout cœur avec elle. 

Plusieurs semaines plus tard, j’ai donc été étonné de voir qu’un appel avait été répertorié par mon téléphone, mais que je ne l’avais pas entendu sonner. C’était mon futur beau-frère qui me proposait de me voir pendant un souper. Il suggérait un restaurant. Je connaissais cet établissement. J’ai donc été impatient de le rencontrer et ma maladresse, quelques heures avant que d’aller à ce rendez-vous, était un signe de stress évident. Je craignais qu’il ne soit pas assez bien pour ma sœur, comme un frère attentif que je suis. La table qu’il avait réservée était proche de la baie vitrée. Une vue plongeante sur la ville était une des particularités de ce restaurant. Tout de suite, il a trouvé un sujet de conversation intéressant, et ce fut le début d’une véritable amitié entre nous.